Ce week-end, vous avez peut-être prévu une virée chez IKEA. Le plus difficile ne sera sans doute pas de remplir votre chariot, mais de retrouver l’article recherché dans les quelque 70 000 m² de la célèbre « big blue box ». La solution la plus simple ? Demander son emplacement à un collaborateur. Encore faut-il réussir à prononcer correctement BLÅHAJ, POÄNG, SÄTERVIDE, KALLAX ou SMÅSTAD …
L’enseigne suédoise a trouvé la parade. Elle vient de déployer, sur l’ensemble de ses marchés et dans toutes les langues (à l’exception du suédois), une nouvelle fonctionnalité permettant d’écouter la prononciation des noms de ses produits directement dans son application. En cliquant sur le bouton Say it like IKEA depuis une fiche produit, les clients peuvent entendre la bonne prononciation et ainsi faciliter leurs échanges avec les collaborateurs en magasin.
Pourquoi ce nouveau service ? Chaque jour, des millions de clients, mais aussi de collaborateurs, sont confrontés à des noms de produits composés de lettres, de sons et d’accents peu familiers. En intégrant leur prononciation directement dans son application, IKEA entend lever ce petit frein du quotidien, tout en préservant une tradition qui fait partie intégrante de son identité depuis plusieurs décennies.
Car chez IKEA, les noms des produits ne sont pas attribués au hasard. Le fondateur de l’entreprise, Ingvar Kamprad, atteint de dyslexie, avait du mal à mémoriser les références numériques des produits. Il a donc imaginé un système de noms, plus faciles à retenir. Depuis, chaque catégorie obéit à une logique bien précise : les canapés, fauteuils et tables basses portent souvent le nom de villes, villages ou îles suédois ; les articles de salle de bains empruntent celui de lacs et de cours d’eau scandinaves ; les bibliothèques, quant à elles, sont généralement baptisées de prénoms masculins ou de noms de métiers. Comme l’explique le musée IKEA, il y a « une méthode dans cette folie ».
Décryptage
Le lancement de Say it like IKEA illustre parfaitement qu’une innovation n’a pas besoin d’être spectaculaire pour créer de la valeur. L’outil répond à une micro-friction bien réelle : la difficulté à prononcer les noms des produits IKEA. Lancé discrètement en février, il est déjà utilisé plus de 8 000 fois par jour dans le monde, signe qu’il répond à un besoin concret.
L’idée est née lors d’un hackathon interne consacré à l’application IKEA. En travaillant sur la collection NYTILLVERKAD, plusieurs collaborateurs eux-mêmes peinaient à prononcer les noms des produits. Une question simple s’est alors imposée : si les équipes rencontrent cette difficulté, pourquoi ne pas aider aussi les clients ?
L’intérêt de cette initiative ne réside pas dans un gain de chiffre d’affaires immédiat. En supprimant une petite frustration et en transformant un frein en moment ludique, IKEA rend son univers plus accessible. C’est une démonstration de sa connaissance des usages et une manière de nourrir, à faible coût, la préférence de marque sur le long terme.